Femmes d'affaires

Présidente fondatrice, Paris Pionnières

©André Faber

Les femmes peuvent briser le plafond de verre en créant leurs propres entreprises, mais elles ont besoin d’aide.

Il y a longtemps que j’ai renoncé à briser le fameux « plafond de verre » qui empêche les femmes d’accéder à des niveaux hiérarchiques supérieurs. J’ai trouvé plus pertinent de fabriquer de nouvelles entreprises dans lesquelles le management et sa composante diversité/mixité seraient réinventées par les femmes fondatrices, conscientes des enjeux.
Ainsi, le 8 mars 2005, j’ai lancé un incubateur exclusivement dédié aux projets portés par des chefs d’entreprises femmes. Pourquoi un incubateur pour femmes ? Plus de 30 ans après l’arrivée massive des femmes dans les grandes écoles et malgré une population active féminine à 46 %, les femmes ne sont représentées qu’à hauteur de 6 % dans les conseils d’administration des entreprises et à moins de 5 % parmi les présidents des grandes entreprises françaises.Les femmes représentent 30 % des créateurs d’entreprises, mais leurs entreprises démarrant avec moins de moyens et moins d’aides, elles embauchent moins et génèrent moins de chiffre d’affaires. C’est grâce à la part active des femmes qu’un nombre record d’entreprises ont été créées en 2007 : 320 000. De nombreux bénéficiaires du microcrédit sont des femmes et elles sont réputées rembourser mieux que la moyenne.Trop souvent, les femmes sont associées à l’entrepreneuriat social et solidaire, ou tout au mieux à la très petite entreprise (TPE), ce qui nous semblait très réducteur. Après avoir mené une enquête, nous avons découvert que dans les incubateurs en France seulement 5 % des projets accueillis sont portés par des femmes chefs d’entreprise.C’est ce chiffre qui a décidé notre premier sponsor à tenter le pari avec nous, car Paris Pionnières est financé via un partenariat public-privé composé de la Mairie de Paris, la DRIRE, la Caisse des dépôts, le groupe ACCOR, Grand Thornton, Barclays PE, HSBC et quelques autres.En créant Paris Pionnières, nous voulions montrer que les femmes sont prêtes à créer des entreprises générant des emplois et du chiffre pour peu qu’on leur en donne la chance et les moyens. Elles représentent un formidable moteur en terme de nouveaux métiers, nouveaux services et nouveaux emplois pour la croissance de notre pays.Nous avons inventé un modèle innovant d’incubateur plus adapté aux créatrices. Il se distingue avec son module de pré-incubation, pour partir d’une idée et arriver au projet, bien en amont de ce que font généralement les incubateurs. Trois ans après, 27 sociétés (sur 600 demandes) ont passé le comité de sélection de Paris Pionnières, créant 100 emplois. Ces sociétés ont bénéficié de l’accompagnement de l’équipe de généralistes de la création d’entreprise – juristes, ressources humaines, financiers – tous, par ailleurs, eux-mêmes chefs d’entreprise.Nous proposons toute une palette de services adaptées à la personne qui va du conseil aux choses plus matérielles : un bureau dans nos locaux, des services personnels (cordonnerie, supermarché à domicile à prix réduits) qui les libèrent pour faire avancer leur projet. Tous ces avantages sont détaillés dans une convention d’accompagnement qui coûte entre 500 et 1 200 euros.Prenons les exemples de Valérie Chevrier et Stéphanie Vigand. Après deux années de « pré-incubation » elles viennent de lancer leur site web BonsplansDeco.com, qui propose les services d’un vaste réseau d’architectes d’intérieur en ligne. Paris Pionnière a été remarqué par l’OCDE dès le début. Grâce à notre participation dans des séminaires de l’OCDE, nous avons pu rencontrer des femmes chefs d’entreprises à l’étranger qui partageaient notre vision. Au Maroc, les femmes chefs d’entreprise de l’AFEM ont créé un incubateur sur le même modèle à Casablanca, Casa Pionnières. Nous sommes en contact avec la Serbie, l’Arabie Saoudite et le Canada pour étudier l’opportunité d’installer les Pionnières dans ces pays. En France, ce modèle a été lancé en Normandie et en Côte d’Azur, avec comme objectif de pouvoir accompagner une dizaine de projets par an.Les créatrices que nous avons accompagnées restent très fidèles à l’équipe d’accompagnement et travaillent systématiquement en réseau entre elles, s’apportant ainsi les unes aux autres, clients et fournisseurs de qualité. Elles ont toutes du talent, et ne demandent qu’à le prouver!Voir www.parispionnieres.orgL’Observateur de l’OCDE n° 267, mai-juin 2008


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