Énergie mondiale

Nouvelles réalités, nouveaux défis
Agence internationale de l'energie

Les modes de production et de consommation de l'énergie évoluent, de même que les défis posés en terme d'investissements et de politique énergétique mondiale.

Le développement du commerce international de l'énergie, en particulier des combustibles fossiles, a d'importantes implications géopolitiques. La disparité régionale entre l’offre et la demande est la plus importante d’entre elles. La dépendance à l'égard du Moyen-Orient continuera de croître dans les régions consommatrices nettes de pétrole, à savoir essentiellement la zone OCDE et certaines parties de l'Asie. En fait, les producteurs et les consommateurs seront mutuellement dépendants, mais la vulnérabilité du monde face à un choc des prix provoqué par une rupture d'approvisionnement restera préoccupante. La chaîne pétrolière, de l'extraction au consommateur s'allongera, et il deviendra donc important de renforcer la sécurité des couloirs de navigation internationaux.Le pétrole restera sans aucun doute la principale source d'énergie primaire dans les vingt prochaines années. En fait, en 2020 la demande de pétrole atteindra 115 millions de barils par jour, contre 76 millions aujourd'hui et représentera 40 % des sources d'énergie utilisées dans le monde, ce qui correspond en gros au pourcentage actuel. Malheureusement, même si les réserves mondiales confirmées de pétrole sont importantes, l'approvisionnement n'est pas garanti. Et cette fois-ci le problème n'est pas simplement géopolitique. La production des vieux gisements diminue et une nouvelle capacité de production devra être constituée si l'on veut pouvoir faire face à la croissance attendue de la demande. Cette constatation est une des principales conclusions mise en évidence dans le World Energy Outlook 2001 – Insights, Perspectives mondiales de l’énergie 2001 (voir livres).Les pays de l'OPEP situés au Moyen-Orient représentent en gros 50 % des réserves pétrolières mondiales (l'OPEP dans son ensemble en détient 63 %). La Russie en possède 14 % et les pays de l'OCDE environ 8 %. La part des pays de l'OPEP dans la production mondiale de pétrole passera de 40 % aujourd'hui à 54 % en 2020. Les principaux producteurs de pétrole du Moyen-Orient auront l’opportunité et le défi d’exploiter leurs ressources dont les coûts d’exploitation sont faibles, mais leur capacité de mobiliser des capitaux est incertaine. Leurs plans de production et d'investissement seront étroitement liés à l'évolution des prix mondiaux de l'énergie, et ils devront vraisemblablement faire appel à des capitaux étrangers pour les aider à mettre en place les capacités de production requises.Le pétrole restera la principale source d'énergie mais le gaz naturel sera aussi plus largement utilisé. Là encore, le problème de la sécurité se posera avec plus d’acuité, et les coûts d'approvisionnement grimperont probablement lorsque les réserves proches des marchés, par exemple celles de l'Atlantique Nord, seront épuisées. Cela se traduira par une augmentation sensible des coûts de l'infrastructure requise pour acheminer l'énergie depuis des gisements plus lointains. La géopolitique dans ce cas aussi risque de jouer un rôle, la récente perturbation de l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance d'Indonésie, en est un exemple. En revanche, l’augmentation attendue des échanges internationaux de GNL pourrait permettre de réduire ces risques en stimulant des transactions à plus court terme et donc en contribuant à un assouplissement du marché.Les ressources de gaz naturel, comme celles de pétrole, sont abondantes et devraient permettre de faire face sans problème à la forte augmentation de la demande des 20 prochaines années. Les réserves de gaz confirmées ont doublé dans les 20 dernières années. La plupart des réserves actuelles de gaz ont été découvertes au cours d’opérations de prospection pétrolière. Cependant, les recherches limitées au gaz représentent une proportion croissante des dépenses totales de prospection.Deux pays, la Russie et l'Iran, détiennent à eux seuls 50 % des réserves mondiales de gaz. Néanmoins, ces réserves sont plus largement réparties entre les régions que ne le sont celles de pétrole. L'ex-Union soviétique possède 36 % des réserves mondiales, mais sa part de production a diminué progressivement au cours des 10 dernières années en raison de la baisse des activités de prospection en Russie. Environ 36 % des réserves mondiales de gaz se trouvent au Moyen-Orient dont la part ne cesse de croître au fur et à mesure des découvertes et du développement des gisements existants dans des pays comme l'Iran, l'Arabie saoudite et le Qatar. En ce qui concerne les pays de l'OCDE, leur part des réserves mondiales est en constante diminution mais elle représente encore environ 17 années de l’actuelle production de l’OCDE. Les perspectives d'approvisionnement en pétrole et en gaz devraient donc être bonnes tant que des problèmes géopolitiques ou de capacité ne surviendront pas. Mais qu'en est-il des énergies renouvelables ? Elles devraient connaître une croissance encore plus rapide dans les 20 prochaines années mais elles ne représenteront probablement qu'une faible proportion de l'ensemble des énergies, en particulier en l’absence d'une politique déterminée des gouvernements. Compte tenu de leurs avantages indéniables pour l'environnement et la sécurité d'approvisionnement (les énergies renouvelables en effet n'émettent que peu de gaz à effet de serre par rapport aux combustibles fossiles et sont, par définition, géographiquement dispersées voire locales), les gouvernements pourraient bien s'y intéresser davantage.Tout d’abord les coûts des technologies d'exploitation des énergies renouvelables, bien qu’ils aient déjà baissé, devront néanmoins encore diminuer avant que celles-ci ne puissent concurrencer les combustibles fossiles. Mais on ignore quel sera le rythme de diminution de ces coûts dans l'avenir. Les énergies renouvelables pourraient devenir rentables : certains modèles d’éoliennes sont presque compétitifs mais la majorité ne le sont pas encore. En bref, nous sommes confrontés à un dilemme : si l'on veut que les coûts baissent davantage, il faut que ces technologies soient adoptées, diffusées plus largement et développées. Or il se trouve que leur adoption est subordonnée à la diminution de leur coût.La composition de la demande d'énergie mondiale évoluera vraisemblablement elle aussi, la part des pays de l'OCDE dans la consommation mondiale diminuant en faveur des pays en développement. La Chine et l'Inde devraient à elles deux représenter plus de 20 % de la demande d'énergie mondiale en 2020, contre seulement 13 % en 1997. Les principaux facteurs de cette évolution sont la croissance économique et le développement industriel rapides, la croissance démographique, l'urbanisation et le remplacement de combustibles traditionnels, comme le bois de chauffage et la bouse séchée, par des combustibles modernes. Cette évolution a des incidences profondes sur le système énergétique mondial et l'environnement, car les émissions de CO 2 dans les régions en développement et leur dépendance à l'égard des importations de pétrole augmentent. L'accroissement de la demande se traduira par la nécessité d'investir des capitaux importants pour développer la production d'électricité dans ces pays.Pour de plus amples informations sur World Energy Outlook, contacter Fatih.Birol@iea.org


Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016