Jonathan Ernst/Reuters

En septembre 2013, le gouvernement kenyan et les Nations Unies ont annoncé la découverte, dans le nord du Kenya, d’importantes réserves souterraines d’eau qui suffiraient à subvenir aux besoins du pays pendant 70 ans. Repérés grâce à la technologie satellitaire, les aquifères de Lotikipi et Lodwar se situent dans le comté aride de Turkana, théâtre de vols de bétail meurtriers sur fond de luttes claniques pour le contrôle des pâturages et des rares points d’eau. 

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L’absence de crue majeure de la Seine depuis plus d’un demi-siècle a éloigné la crainte d’une inondation de la mémoire collective. Pourtant, la croissance urbaine et la densité des réseaux de transports ou d’énergie autour de la capitale française ont accru l’exposition à un tel risque. 

Si l’heure est à la protection de  l’environnement et aux stratégies de  croissance « verte », les décideurs publics  seraient bien inspirés de mettre aussi le cap  sur l’économie bleue.

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« Nous allons manquer d’eau bien plus rapidement que de pétrole », a prévenu le Président de Nestlé, Peter Brabeck-Letmathe, lors du Forum de l’OCDE en mai 2012. Les Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2050 suggèrent clairement que les réserves en eau douce s’amenuiseront si aucune action nouvelle n’est entreprise.

©Reuters/Stringer Shanghai

Faire appel au bon sens et aux bons acteurs contribuerait à débloquer les investissements dans le secteur de l’eau, particulièrement cruciaux pour les pays en développement.

©Alfredo Guerrero/Notimex/AFP

L’Observateur de l’OCDE : Vous lancez l’Agenda de l’Eau 2030. À quels besoins ces réformes répondent-elles ?

©Reuters/Andrew Kelly

New York investit pour un avenir plus vert et plus propre.

©Reuters/Claro Cortes

L’eau est indispensable à la vie. Pourtant, des millions de personnes restent privées d’accès à un approvisionnement régulier en eau potable. Dans les années à venir, l’accroissement de la population mondiale ne fera qu’accentuer les pressions exercées sur cette ressource, qui n’est pas inépuisable. Comment faire meilleur usage de ce bien précieux ?

Fayaz Kabli/Reuters

L’agriculture mondiale doit relever un formidable défi dans les 40 prochaines années : produire 50 % d’aliments en plus d’ici 2030 et le double d’ici 2050. Avec des pressions croissantes issues de l’urbanisation, de l’industrialisation et du changement climatique, une bonne gestion de l’eau sera vitale.

L’aide au développement destinée à l’approvisionnement en eau et à son assainissement a augmenté ces dernières années, après un déclin à la fin des années 1990. Cette augmentation pourrait ne pas être suffisante, au regard de l’importance de l’enjeu. En 2007-2008, les pays membres du Comité d’assistance au développement de l’OCDE ont fourni en moyenne 5,1 milliards de dollars d’aide bilatérale annuelle à l’approvisionnement en eau et à son assainissement, 50 % de plus qu’en 2003- 2004. Aide des organismes multilatéraux comprise, le montant total était de 6,6 milliards de dollars. Entre 2003 et 2008, l’aide bilatérale pour l’eau a augmenté de 15 % par an en moyenne, alors que l’aide multilatérale a augmenté de 3 % par an. Toutefois, dans les pays du CAD, l’aide pour l’approvisionnement en eau et pour son assainissement ne représentait que 7 % de toutes les promesses d’aide en 2007- 2008, à peine plus que les 6 % de 2003-2004.

Dans les prochaines années, le système alimentaire et agricole mondial devra répondre aux besoins de milliards d’individus supplémentaires et satisfaire des exigences accrues de qualité, d’accessibilité et de disponibilité. La terre, l’eau et les investissements feront l’objet d’une intense concurrence entre l’agriculture et les autres secteurs, et le changement climatique engendrera de nouvelles contraintes. Les ministres et les parties prenantes des pays membres de l’OCDE et des principales économies émergentes se sont réunis à Paris les 25 et 26 février afin de débattre de la meilleure façon de répondre à ces défis.

Dans la région MENA, de meilleures réglementations encourageraient les investisseurs à s'aventurer dans le secteur de l'eau.

© Oswaldo Rivas / Reuters

La crise économique mondiale ne doit pas faire oublier la question de l'eau.

L'OCDE a élaboré avec ses partenaires un Guide pour l'action publique afin d'aider les gouvernements qui envisagent une participation du secteur privé aux questions liées à l'eau.

Investir dans l’eau est l’affaire du secteur public comme du secteur privé. Ce sont les conditions de l’investissement qui importent.

©Reuters/Atef Hassan

L’eau représente un enjeu de plus en plus important dans tous les pays. Une approche originale et cohérente est aujourd’hui nécessaire.

La pêche a beau être une activité économique ancienne, elle n’en est pas moins au premier plan de la mondialisation. Il y a d’abord l’aspect commercial : un merlu attrapé sur les côtes néo-zélandaises par un bateau japonais peut être transformé en Chine avant d’être transporté sur un marché à Londres ou Paris.

Voir aussi le n° 254 sur l'eau, mars 2006. Les sommaires de tous les numéros sont disponibles sur www.oecd.org/observateur

Selon le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, « les progrès qui pourront être accomplis pour résoudre [le problème de l’eau] nous aideront à avancer sur la voie de la réalisation de la plupart des objectifs du Millénaire pour le développement »
(éditorial, n° 256, juillet 2006). Nous sommes d’accord, et voudrions attirer votre attention sur le programme Working for Water (WfW) en Afrique du Sud.
Chaque jeudi à midi le Tribunal de las aguas (tribunal de l’eau) se réunit devant la cathédrale de Valence, sur la côte méditerranéenne de l’Espagne. On dit que depuis plus de mille ans, ce tribunal règle les différends concernant l’irrigation des huertas, terres arables plantées de citronniers, d’orangers et d’autres cultures qui donnent à cette région ses parfums et ses saveurs caractéristiques, et font vivre bon nombre de ses habitants.Il n’y a pas de vie sans eau : elle est indispensable à la santé, à l’agriculture, à l’industrie et au maintien des écosystèmes. La gestion des ressources en eau et l’accès à ces ressources sont devenus des problèmes planétaires qui influent sur les relations sociales et politiques dans de nombreuses régions du globe.

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On pense souvent que les pays développés sont riches en eau, et que les agriculteurs s’y préoccupent peu de questions de gestion ou de qualité de l’eau. Si seulement cela pouvait être vrai ! Partout, l’accroissement de cultures et d’élevages exigeants en eau appauvrit les ressources en eau, y compris dans les pays les plus riches.

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En signant la Déclaration du millénaire des Nations unies, en 2000, les dirigeants de la planète se sont fixé des objectifs ambitieux de réduction de la pauvreté dans le monde, réitérés en 2002 au Sommet mondial sur le développement durable : les Objectifs du millénaire pour le développement. L’un d’entre eux est de « réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à des services d’assainissement de base ». Ce but se révèle plus difficile à atteindre que beaucoup le croyaient.

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Il y a trois ans, à la veille du troisième Forum mondial de l’eau à Kyoto, nous écrivions qu’il était possible de réaliser l’Objectif du millénaire pour le développement (OMD) de réduire de moitié la population dépourvue d’accès à l’eau potable d’ici à 2015, quoique difficile, surtout dans un contexte marqué par la stabilisation voire le recul de l’aide bilatérale au développement de la part des pays de l’OCDE. La situation s’est-elle améliorée depuis ? Il y a des signes encourageants, mais pas là où ils auraient été le plus nécessaires.

©André Faber

Bordeaux est bien connue pour ses vins, certes chers, mais de grande qualité. Mais que dire de son eau ? Selon une récente étude de l’Union fédérale des consommateurs sur le prix de l’eau en France, la boisson que commandent discrètement les clients distingués au restaurant sous l’appellation « château de la pompe » est elle aussi devenue fort onéreuse. À 3,20 € le m3 (moins de 0,05 centime le litre), la facture d’eau moyenne des ménages y est supérieure à Paris, où elle est de 2,35 €/m3. Certaines autorités de l’eau facturent moins de 2 € le m3, mais d’autres facturent davantage. La taxe sur la valeur ajoutée représentant seulement 5,5% du prix de l’eau, les auteurs se demandent si ces prix reflètent les profits réalisés par les opérateurs privés. Comme l’indique l’enquête, la réponse n’est pas si simple.
Tout le monde connaît l’histoire du jeune Néerlandais qui a sauvé son pays en mettant son doigt dans la fuite d’une digue, en attendant les secours. Pour les Néerlandais, cette histoire s’est bien terminée, mais des millions de gens qui vivent en bord de mer à travers le monde n’ont pas eu cette chance l’an dernier.
Les océans couvrant trois quarts de la surface terrestre, on a évidemment tendance à les voir comme une source potentielle d’eau douce. Cela signifie qu’il faudrait dessaler l’eau pour la rendre propre à un usage agricole, ou même potable. Comment faire ? La distillation est l’option la moins chère, et la plus utilisée. Cependant, un nouveau procédé utilisant des membranes filtrantes, l’osmose inversée, représente maintenant presque la moitié de la capacité mondiale de dessalement d’eau de mer.
Le secteur privé de l’eau est plus grand qu’on ne le croit, avec des milliers d’entreprises qui travaillent chaque jour, principalement pour exécuter des politiques publiques. Ces entreprises en font-elles assez ? Peuvent-elles faire plus ?

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Le comté du Kent, joliment surnommé le « jardin de l’Angleterre », a connu une sécheresse hivernale sans précédent depuis les années 20. L’Agence britannique de l’Environnement a réagi en annonçant en février 2006 que, sans mesures de restriction d’ici le mois d’avril, le comté verrait dans quelques mois ses habitants privés d’eau courante et contraints de faire la queue pour s’en procurer.

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Les pays arides doivent-ils se cantonner à la culture des produits faiblement consommateurs d’eau et importer les autres ? Puisque tous les produits ont besoin d’eau, exporter des produits agricoles revient à exporter de l’eau, bien que sous une forme virtuelle.
Au Mexique, 80 % de la population vit dans des zones relativement chaudes et arides, et les ressources souterraines s’épuisent lentement. L’accès à l’eau devient un problème dans les parties les plus actives et développées du pays. Selon l’Examen de l’OCDE de la réforme de la réglementation au Mexique de 2005, la rapide croissance démographique et le développement industriel ont fait augmenter la demande totale d’eau.

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