Angel Gurría
Le G20 et la crise : des progrès tangibles
Nous restons aux prises avec la pire crise économique du dernier demi-siècle. Face aux sombres perspectives à court terme, l’opinion publique mondiale est en droit de s’interroger sur l’aptitude des dirigeants politiques à trouver une voie de sortie.
Le G20 de Cannes a-t-il changé la donne ? La crise de la dette dans la zone euro a certes focalisé l’attention. Mais derrière les gros titres, des progrès sans équivoque ont permis de relever les défis de court terme et de renforcer le rôle du G20 en tant que mécanisme de coordination et de convergence de l’économie mondiale.
À Cannes, des résultats tangibles ont notamment été obtenus en matière économique, en particulier avec l’approbation du Plan d’action du G20 pour la croissance et l’emploi. Les engagements pris par chaque pays dans ce cadre marquent un premier pas vers la concrétisation d’objectifs plus ambitieux dans les mois à venir. En matière d’emploi, la création d’un Groupe de travail du G20 qui s’intéressera prioritairement à l’emploi des jeunes est une évolution majeure. Créer des emplois est indispensable non seulement pour l’économie, mais aussi pour réduire les inégalités et remplir la mission commune du G20, définie à Cannes, de « renforcer la dimension sociale de la mondialisation ».
De même, en matière fiscale, une nouvelle étape a été franchie avec l’adoption d’une convention cruciale sur le renforcement de la coopération fiscale internationale et la lutte contre la fraude fiscale à travers le monde. Signée à Cannes par tous les pays du G20, cette convention multilatérale concernant l’assistance administrative en matière fiscale contribuera à ce qu’aucun pays ne soit privé des recettes qui lui reviennent du fait des fraudes ou des planifications fiscales agressives. Il faut rendre hommage au Président Nicolas Sarkozy pour l’élan qu’il a su insuffler à cet égard.
L’OCDE est fière du rôle essentiel qu’elle a joué dans l’élaboration de cette convention. On estime qu’environ 14 milliards d’euros de recettes fiscales ont été collectés dans quelque 20 pays auprès de riches contribuables, conscients désormais qu’il est vain de ne pas déclarer leurs avoirs à l’étranger. Les accords d’échange de renseignements qui entreront prochainement en vigueur sont également prometteurs. L’ère du secret bancaire est révolue, et nous sommes déterminés à travailler avec autant de pays que possible pour tirer au mieux parti de cette importante convention.
La confiance ne sera rétablie qu’au prix d’une réforme de fond des marchés financiers. Là encore, les dirigeants du G20 ont montré leur détermination à faire en sorte qu’aucune institution financière ne devienne « trop grande pour faire faillite » et à appliquer les normes et recommandations du Conseil de stabilité financière (CSF) en renforçant les pouvoirs de contrôle et en améliorant la gestion des sociétés défaillantes tout en évitant de mettre en danger les contribuables. Ils se sont également engagés à appliquer pleinement les principes du CSF et de l’OCDE sur la protection des consommateurs de services financiers, adoptés pour que les gens bénéficient des marchés financiers au lieu d’en être les victimes.
Le G20 a en outre de nouveau appelé à réduire les subventions aux énergies fossiles et à mobiliser des financements afin d’atténuer le changement climatique, à améliorer la sécurité alimentaire, à résister au protectionnisme et à intensifier la lutte internationale contre la corruption. Ces actions peuvent produire de vrais résultats si elles sont menées collectivement plutôt que par chaque pays individuellement.
Nous savons que beaucoup reste à faire pour remettre en selle l’économie mondiale, assainir les marchés financiers, améliorer la gouvernance publique et rétablir la confiance et le bien-être. Mais nous savons aussi que le processus du G20 n’aboutira pas si l’on cherche à réactiver les modèles qui ont échoué. N’hésitons pas à le répéter : il n’y aura pas de progrès possible sans un équilibre plus durable entre l’État, les marchés, les citoyens et l’environnement. Les responsables politiques doivent montrer qu’ils sont à même de faire germer les graines de ce nouvel équilibre semées durant la crise. Ils doivent se montrer visionnaires et utiliser le processus du G20 pour vaincre la crise et jeter les bases d’un monde plus juste et plus solidaire. C’est entre autres en concrétisant les avancées réalisées à Cannes en 2011 et en les poursuivant qu’ils peuvent y parvenir.
L’OCDE a travaillé avec le G20 sur plusieurs initiatives, notamment dans le cadre du Processus d’évaluation mutuelle. Nous sommes déterminés à soutenir le G20 pour faire fructifier les résultats obtenus cette année et pour progresser davantage encore sous la présidence mexicaine en 2012. En continuant d’oeuvrer aux côtés d’autres organisations internationales majeures, en particulier le CSF, l’OIT, le FMI, les Nations unies, la Banque mondiale et l’OMC, nous ferons tout ce que nous pourrons pour que le G20 tire le meilleur parti possible de notre compétence collective et de notre expertise en matière d’action publique face aux défis qui nous attendent.
www.oecd.org/secretairegeneral
www.observateurocde.org/angelgurria
©L'Observateur de l'OCDE n° 286 T3 2011
Bâtir l’avenir ensemble
Nous célébrons le 50e anniversaire de l’OCDE alors que la pire crise financière et économique de notre génération touche à sa fin. Le temps est venu de faire le point et de nous poser les bonnes questions. Pourquoi n’avons-nous pas su éviter la crise ?
(856 mots)Le facteur confiance
La crise est-elle enfin derrière nous? En ce début de deuxième semestre 2010, la question est sur toutes les lèvres. Selon les dernières Perspectives économiques, la zone OCDE connaîtra une croissance d’environ 2,7 % en 2010. Mais si l’économie mondiale n’est sans doute plus en soins intensifs, elle reste très fragile, comme le soulignent l’instabilité des marchés, l’augmentation de la dette publique et l’ampleur du chômage. Un facteur essentiel fait défaut : la confiance. Comment la restaurer? Les gouvernements des pays de l’OCDE sont confrontés au double défi de relancer la croissance tout en remettant de l’ordre dans les finances publiques. Ce sont les deux faces d’une même médaille, et seul un nouvel équilibre entre elles permettra une reprise durable.
(886 mots)Les voies d’une reprise durable
Conserver une vue d’ensemble, telle est la difficulté pour tout gouvernement confronté à une crise. C’est particulièrement vrai aujourd’hui dans les pays de l’OCDE, qui connaissent, du fait de la crise financière de 2008, des déficits budgétaires très élevés et une lourde dette. Aujourd’hui, la plupart des pays, petits ou grands, doivent faire de nouveaux sacrifices. Et l’on comprend la colère de leur population, qui considère à juste titre qu’elle n’est pas responsable de la situation actuelle.
(927 mots)Les défis à venir
L’année 2010 a commencé avec un tremblement de terre dévastateur en Haïti qui a tué plus de 100 000 personnes et a pratiquement détruit le pays. Nous tenons à exprimer notre sentiment de solidarité envers le peuple haïtien. Cette tragédie ravive le triste souvenir du tsunami, survenu juste avant la nouvelle année 2004. Rien ne peut remplacer la perte d’êtres chers.
(932 mots)L’emploi est l’enjeu fondamental de la crise mondiale
Avec 15 millions de chômeurs en plus depuis fin 2007, les pays de l'OCDE connaissent déjà un taux de chômage record, à 8,5 %. Si les politiques adéquates ne sont pas mises en oeuvre et si la reprise ne gagne pas en vigueur, le taux de chômage pourrait avoisiner 10 % l'an prochain dans la zone OCDE. Cela signifierait 57 millions de personnes sans emploi - l'équivalent de la population de certains pays du G8 !
La crise financière et économique est devenue une crise de l'emploi, avec un coût économique et social bien trop élevé. L'emploi met toujours du temps à se redresser après une récession, mais cette fois le délai pourrait être plus long encore. La crise financière a anéanti beaucoup d'entreprises et de sources de revenu.(955 mots)Des normes solides pour rétablir la confiance
Lorsque chefs de gouvernement, responsables d'organisations internationales et personnalités de la société civile du monde entier se réuniront à Paris pour débattre des grands enjeux du moment au sommet de l'OCDE en juin, une question sera prédominante : fait-on assez pour rétablir la confiance et restaurer la croissance à long terme, et desserrer l'étau de la pire crise mondiale de l'époque contemporaine ?
(1005 mots)
©China Development Forum
Politiques de l'investissement en Chine
Extrait de l'allocution prononcée par le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, lors du lancement de l'Examen de l'OCDE des politiques de l'investissement consacré à la Chine, à Pékin, le 21 mars 2009
(559 mots)Susciter une vraie reprise
L'économie mondiale est toujours enlisée dans la crise la plus profonde et la plus étendue des temps modernes. Selon les dernières Perspectives économiques de l'OCDE, le PIB de la zone OCDE devrait chuter de 4,3 % en moyenne en 2009 et l'économie mondiale devrait se contracter de 2,7 %.
(937 mots)
La communauté internationale doit réécrire les règles applicables à la finance et aux groupes internationaux
La crise économique mondiale actuelle et son cortège de souffrances et d’angoisses résultent d’une série de graves défaillances au cœur même des pays les plus développés du monde.
(901 mots)Crise économique
L’année 2008 a mis l’économie mondiale à rude épreuve. 2009 verra-t- elle les premières éclaircies et la fin de la crise financière et économique la plus grave depuis plusieurs décennies ?
(864 mots)Crise économique
L’année 2008 a mis l’économie mondiale à rude épreuve. 2009 verra-t-elle les premières éclaircies et la fin de la crise financière et économique la plus grave depuis plusieurs décennies ? D’après les Perspectives économiques de l’OCDE publiées fin 2008, 21 des 30 pays membres connaissent déjà ou connaîtront une récession qui pourrait durer un an.
L’investissement productif va se contracter de plus de 5 % et plus de 8 millions de travailleurs pourraient rejoindre les rangs des chômeurs d’ici à 2010. Cette crise sociale touche des familles et des communautés dans le monde entier, y compris dans les économies émergentes et en développement.(901 mots)De la crise financière à la récession économique
La crise financière qui balaie les marchés mondiaux est la plus grave depuis la Grande Dépression. À l’heure où cette crise s’étend à l’économie réelle, le constat est douloureux. Comment les responsables politiques peuvent-ils aller de l’avant, avec des marges de manœuvre amoindries ?
(954 mots)La crise financière et ses suites
Nous saluons et soutenons l’adoption du plan de sauvetage systémique annoncé les 19 - 20 septembre par le gouvernement des États-Unis. Ce plan contribuera à rétablir le fonctionnement normal des marchés de capitaux et à préserver l’emploi et l’activité économique.
Aux termes de ce plan, le Trésor des États-Unis doit être habilité à émettre jusqu’à 700 milliards USD de titres du Trésor pour financer le rachat d’actifs compromis liés à des créances hypothécaires auprès des établissements financiers opérant aux États-Unis.
L’annonce de ce plan a déjà suscité un retour partiel à la normale sur les marchés américains et mondiaux des capitaux.Lire la suite de la déclaration...
(106 mots)Le futur de l’économie Internet
Aujourd’hui, dix ans à peine après sa première mise en œuvre commerciale, il est difficile de trouver un domaine d’action des pouvoirs publics dans lequel n’intervienne pas Internet.
Internet et les différentes technologies de l’information qu’il relie sont considérés comme des outils essentiels face à certains des enjeux les plus urgents de la planète : croissance économique durable, sociétés vieillissantes, gestion de l’environnement, efficacité énergétique, éradication de la pauvreté, et bien d’autres encore. Les implications d’Internet pour le développement économique et social sont d’une portée considérable, notamment pour les prochains milliards d’utilisateurs.(258 mots)Ouverture, représentativité et pertinence
La Réunion de 2008 du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres et le Forum, points culminants du calendrier de l’OCDE, ne pourraient avoir lieu à un moment plus opportun. Les questions que nous allons examiner et les réponses que nous nous efforcerons d’y apporter devraient préparer la voie à une meilleure économie mondiale.
Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi de la France, pays hôte de l’Organisation, présidera cette réunion.(946 mots)Lutter contre le changement climatique
Hausse de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, élévation des températures, multiplication des sécheresses et des tempêtes dévastatrices ; expansion des espaces urbains et agricoles entraînant l’extinction d’un nombre croissant d’espèces animales et végétales ; épuisement des ressources naturelles ; 1 milliard de personnes en plus vivant dans des zones pauvres en eau d’ici 2030 et recrudescence de la pollution, des maladies et des décès prématurés. Comment rester indifférent à ce scénario du pire, exposé dans l’édition 2008 des Perspectives de l’environnement de l’OCDE ?
(784 mots)Réduire les turbulences
Si, comme l’a écrit Shakespeare, le monde entier est une scène, le titre de la pièce en ce début 2008 pourrait être « L’orage se prépare ». Avec une économie américaine flirtant avec la récession, une zone euro perdant de sa vigueur avec une monnaie forte, un baril de pétrole proche de 100 dollars, des prix mondiaux atteignant des niveaux records pour les produits alimentaires et les matières premières et un changement climatique qui s’aggrave, il semble bien que nous entrions dans une zone de turbulences.
(892 mots)
©OCDE
Pour un avenir plus juste et intelligent
L’économie mondiale connaît sa cinquième année consécutive de croissance. L’expansion de la zone OCDE a bénéficié du dynamisme de grandes économies non membres, d’Asie en particulier. La mondialisation a aidé ces pays à relever leur niveau de vie et à réduire la pauvreté.
(933 mots)Des changements énergiques
L’énergie est devenue l’une des premières préoccupations politiques. D’abord, le prix du pétrole demeure historiquement élevé, malgré une légère détente ces derniers mois, au détriment des producteurs et des consommateurs.
(871 mots)Doha : l’étape la plus facile
Je suis en contact avec des dirigeants et des représentants des nations les plus développées aussi bien que des pays en développement. Lorsque les discussions du Cycle de Doha sur le développement ont échoué, en juillet, j’ai été frappé par le décalage qui existe entre ce que disent les représentants officiels quand ils se rencontrent à l’OCDE, à Paris, et la façon dont ils définissent leurs positions dans les négociations à l’OMC, à Genève.
(1078 mots)Regards sur l´avenir
C’est pour moi un grand honneur que de recevoir le mandat de diriger l’OCDE en m’appuyant sur le remarquable héritage de Donald Johnston. Nous sommes confrontés à de nombreux défis pressants, je n’en citerai que quelques-uns. Bien que les perspectives de l’économie mondiale pour cette année et l’année suivante s’annoncent assez positives, il ne faut pas relâcher nos efforts.
(917 mots)
Selon vous, une reprise économique mondiale aura lieu :
- Gouvernance publique : L’autre déficit
- Consolider les compétences
- Des compétences pour innover
- La chimie verte
- Mettre l’impôt au service de l’emploi
- La mondialisation de l’enseignement supérieur
- Changements de paradigme
- Les nouveaux enjeux du microcredit
- Quand les services publics réduisent la pauvreté
- De la Révolution industrielle à une révolution verte


