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C’est à juste titre que le Secrétaire général de l’OCDE, Donald J. Johnston, voit dans le manque de cohérence un obstacle aux stratégies internationales de développement (« Donner ses chances au développement », L’Observateur de l’OCDE, n° 245, novembre 2004). Mais à mon sens, il existe certains signes de progrès.

Nombre d’acteurs – institutions financières internationales, OMC, UE, pays donateurs et ONG – faisaient un travail remarquable, mais pour la plupart de façon isolée. Néanmoins, il semblerait que l’on progresse (enfin) vers une approche plus intégrée. Les donateurs coopèrent étroitement, ainsi qu’avec les bénéficiaires, pour mettre en oeuvre des programmes complémentaires et non concurrents.

Le rapport publié récemment par la Commission économique pour l’Afrique témoigne de la détermination actuelle à envisager les stratégies de développement dans leur globalité. Dans les quelque 460 pages de ce rapport, l’amélioration de la gouvernance côtoie les stratégies de sécurité préventive, le démantèlement des barrières commerciales, les initiatives concernant la santé, l’éducation et l’exclusion, les mesures visant à encourager l’investissement et l’entrepreneuriat, l’accroissement notable de l’aide à la réduction de la pauvreté, et enfin une mise en oeuvre plus efficace de la part des institutions financières internationales et des institutions multinationales propres à l’Afrique.

Pour répondre à Donald J. Johnston au sujet de l’exode des professionnels qualifiés du continent africain, soulignons que la Commission recommande aux donateurs de travailler en liaison étroite avec les gouvernements africains pour financer des programmes de revalorisation des salaires dans les secteurs cruciaux.

Dans le même temps, Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, tout en promouvant une libéralisation plus poussée des échanges dans le cadre du Cycle de développement de Doha de l’OMC, plaide en faveur du renforcement des capacités des pays les plus démunis afin qu’ils puissent avoir une chance réelle de participer au système commercial international.

Ce que toutes ces approches « holistiques » ont en commun, c’est une volonté nouvelle d’instaurer de véritables partenariats globaux entre les donateurs et les pays en développement, conjugués à des initiatives concrètes partant de la base – non dans un souci d’être « politiquement correct », mais parce que des approches menées en collaboration promettent davantage de résultats.

Il faut espérer que nous pourrons passer sans tarder d’analyses communes et d’approches concertées à de réels plans d’action – dès le Sommet du G8 prévu au Royaume-Uni, en juillet, et la réunion des Nations unies qui sera spécialement consacrée, en septembre 2005, à l’examen des progrès accomplis vers les Objectifs du millénaire pour le développement.

Maurice Fraser
Chargé de cours en politique Européenne
London School of Economics




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