Des crèches pour les mères
Qui précède l’autre : les mères au travail ou les crèches ? La présence accrue de mères dans la population active encourage généralement la mise en place de services de garde d’enfants.
Dans cette étude consacrée à quatre des pays les plus riches de l’OCDE, où trois femmes sur quatre entre 25 et 54 ans ont un emploi, l’expérience de la Suède montre que sans aide publique pour les services de garde d’enfants, la proportion de femmes au travail ne dépasserait pas 60 %. D’après cette étude, la qualité des services est également primordiale : des gardes abordables et de bonne qualité ne contribuent pas seulement à instaurer un équilibre entre vie professionnelle et familiale, elles favorisent également le développement de l’enfant.
La Suède arrive en tête des dépenses publiques pour la garde de jour avec 2 % du PIB, contre 1,1 % pour la Finlande, 0,4 % pour le Royaume-Uni et 0,2 % pour le Canada. Le système suédois est le plus coûteux, étant aussi le seul à prendre en charge à temps plein les enfants de moins de deux ans. Par conséquent, près de 72 % des mères suédoises ayant des enfants en bas âge travaillent, contre 59 % au Canada, 52 % en Finlande et 49 % au Royaume-Uni. Mais le modèle suédois serait difficile à reproduire, car il repose sur des collectivités locales puissantes et bien dirigées, jouissant du soutien public nécessaire pour investir l’argent des contribuables. Le coefficient de pression fiscale de la Suède dépasse les 50 % du PIB, un des plus hauts niveaux de toute la zone OCDE. L’exemple du Canada, qui dépense 0,2 % du PIB pour la garde d’enfants, démontre également l’importance de l’aide publique : la province du Québec dépensant 0,8 % du PIB, 40 % des crèches canadiennes y sont situées, desservant moins d’un quart des enfants canadiens.
Comme l’indique Bébés et employeurs, les systèmes suédois et québécois ont intégré la gestion des services de garde à celle des écoles primaires, créant ainsi des structures parascolaires indispensables et peu coûteuses. Le rapport recommande à la Finlande de redynamiser ses services de garde après la classe. Les services proposés au Royaume-Uni apparaissent assez chers, de qualité souvent insuffisante, et leurs horaires sont restreints, ce qui n’aide pas les familles à trouver l’équilibre. Conscient de ces faiblesses, ainsi que de la nécessité de maintenir un haut niveau d’emploi, le gouvernement du Royaume-Uni prévoit la mise en place de services à l’échelle locale afin d’apporter à tous les enfants de 3 à 11 ans des structures de garde plus abordables et disponibles.
ISBN 9264009302. Pour commander l’ouvrage, voir les pages le site www.ocdelibrairie.org.
©L’Observateur de l’OCDE n° 250, juillet 2005
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