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Émissions polluantes

L’impact environnemental des transports : Comment le découpler de la croissance économique

Les transports constituent la principale cause d’émissions de dioxyde de carbone, devant l’industrie et la production d’énergie. Les transports aériens représentent 14 % des émissions de CO2 dues aux déplacements au sein de l’UE, et la part des transports routiers est bien supérieure. Dans les pays de l’OCDE, les transports routiers consomment plus de 80 % de l’énergie utilisée pour les transports, et l’essentiel des accidents, mais aussi des émissions de polluants atmosphériques, des nuisances sonores et de la dégradation de l’habitat leur est imputable.

La croissance économique s’accompagne-t-elle nécessairement d’effets négatifs des transports sur l’environnement ? Non, répond l’OCDE dans un récent ouvrage intitulé L’impact environnemental des transports : Comment le découpler de la croissance économique. Ainsi, depuis 1980, les États-Unis connaissent un découplage relatif des transports et de la croissance du PIB : de 1970 à 2000, le PIB a augmenté de 160 % tandis que le transport de passagers s’est développé plus lentement, de 120 %. Un tel découplage peutil être amélioré ? Oui, selon le rapport de l’OCDE, grâce à une tarification juste. Un certain découplage a déjà lieu dans le secteur des transports de nombreux pays de l’OCDE pour diverses émissions de polluants tels que le dioxyde de soufre et l’hémioxyde d’azote, mais pas pour le CO2.

Pourtant, les gouvernements font des efforts. En Chine, par exemple, qui est en passe de devenir l’une des capitales mondiales des voitures et de la pollution. Pour tenter de découpler la croissance économique des incidences environnementales, les planificateurs centraux ont édicté des normes d’efficacité énergétique qui figurent parmi les plus strictes de la planète. La Chine est également devenue l’un des plus grands marchés de véhicules fonctionnant avec des carburants alternatifs. Pour les Jeux Olympiques de 2008, l’intégralité des bus de Pékin (près de 120 000) devrait être remplacée par des véhicules circulant au gaz naturel comprimé.

L’adoption de modes de transport plus respectueux de l’environnement fait partie des bonnes pratiques. L’ouvrage invite également à utiliser de façon efficiente les taxes, droits, redevances et autres instruments économiques ainsi que les dispositions réglementaires. La tarification routière, par exemple, favorise les changements dans les modes de transport, les destinations de déplacements et même l’implantation des entreprises et des habitations. Selon ce rapport, la sensibilité aux prix des péages autoroutiers est importante s’il existe une route alternative gratuite, mais moindre dans les zones où les solutions de déplacement autres que la voiture sont difficilement utilisables. En outre, des études suggèrent que les variations des prix des carburants ont une incidence négative importante sur la demande de carburant, une hausse de 10 % des prix aboutissant à une baisse de 7 % de la demande. Une augmentation de 10 % des revenus se traduirait quant à elle par une croissance de 10 % du parc automobile et par un accroissement de 12 % des demandes de carburant et de déplacements.

ISBN: 9264027149


©L’Observateur de l’OCDE, n°258/259, décembre 2006




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