Une nouvelle croissance qui préserve la planète

Le Rapport planète vivante 2010 du WWF montre que nous consommons actuellement 50 % de ressources au-delà de ce que la Terre peut produire. Si nous suivons cette tendance, il nous faudra deux planètes pour subvenir à nos besoins en 2030. Manifestement, le statu quo ne nous mènera pas à des lendemains prospères.

Nous devons nous montrer capables de nous développer et de faire croître notre économie sans épuiser la Terre. Autrement dit, la croissance doit se passer du carbone et nous devons employer les incroyables ressources naturelles de la planète sans nuire à la santé des écosystèmes.

Les grands groupes commencent à comprendre qu’il est extrêmement risqué, à mesure que les terres, l’eau et les autres ressources viennent à manquer, de conserver un modus operandi qui laisse des stigmates profonds. Ils réalisent même que la durabilité peut rapporter gros.

D’après un rapport récent du géant de la banque HSBC, le marché mondial des énergies à faibles émissions de carbone va quasiment tripler dans les dix prochaines années et représentera alors 2 200 milliards de dollars par an. La Chine ambitionne d’en prendre la tête. Déjà premier fabricant d’éoliennes, de panneaux solaires et des réseaux électriques les plus performants, ce pays investit massivement dans la voiture électrique et le train à grande vitesse. Le Président Hu Jintao a déclaré que la Chine devait « préempter les débouchés offerts par la nouvelle étape de la révolution énergétique mondiale ».

Nous assistons aussi à une explosion des marchés des biens produits de manière durable : poissons capturés dans des pêcheries bien gérées, huile de palme produite sans dévaster les précieuses forêts tropicales, etc. Ces dernières années, les marchés de produits durables certifiés ont augmenté de plus de 50 %.

Les pouvoirs publics peuvent libérer le potentiel de ces nouveaux marchés. Ils peuvent fixer des objectifs ambitieux de réduction des émissions de carbone et de développement des énergies renouvelables, ainsi que des normes d’efficacité énergétique. Une gestion plus rigoureuse des ressources collectives comme les pêcheries et les forêts peut contribuer à stimuler le changement. L’une des priorités est de supprimer les énormes subventions qui nous emmènent dans la mauvaise direction (plus de 500 milliards de dollars au profit des énergies fossiles, par exemple). Les éliminer ouvrirait le marché à de nouvelles activités. En redistribuer une partie peut accélérer la transition. Ainsi, les subventions mondiales en faveur de la pêche sont estimées à 27 milliards de dollars par an : si les pouvoirs publics n’en réaffectaient qu’un tiers à la reconstitution des stocks et à l’amélioration de la gestion des pêcheries mondiales, l’accroissement de la production serait de 34 milliards de dollars par an.

Le défi essentiel de ce siècle consiste sans doute à trouver le moyen de répondre aux besoins et aux aspirations d’une population en augmentation sans aller au-delà des capacités de notre unique planète. Il n’est pas facile à relever, mais offre des possibilités de croissance nouvelles et considérables à ceux qui ont des solutions à proposer.

Références et liens recommandés

WWF, Rapport planète vivante 2010, Gland, Suisse.

Site Internet du WWF : www.wwf.fr

© L' Annuel de l'OCDE 2011




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