Tirer parti des nouvelles sources de croissance

Pour sortir de la crise et créer des emplois, les pays de l’OCDE ont besoin de croissance. Mais d’où cette croissance viendra-t-elle? Par ailleurs, face à des défis tels que le changement climatique et le développement mondial, comment favoriser une activité économique moins polluante et plus intelligente? Les réponses à ces questions pourraient nous aider à trouver une voie pour sortir de la crise et construire un avenir plus sûr.

Au début des années 1960, lorsque l’OCDE a été créée, on pouvait acheter un téléviseur pour 150 dollars aux États-Unis, à peu près le prix d’un téléviseur LCD d’entrée de gamme aujourd’hui. Mais il y a 60 ans, un ouvrier moyen aurait dû travailler près de deux semaines pour le payer, contre moins d’un jour à l’heure actuelle. Une telle comparaison est impossible pour de nombreux produits de notre quotidien, car ils n’existaient pas à l’époque. Et nous ne pouvons pas même imaginer les mutations qui interviendront d’ici 50 ans : les gens se souviendront peut-être des centres d’appels et des centres commerciaux avec la même nostalgie que celle que nous avons aujourd’hui pour les emplois salissants et dangereux d’autrefois, et pour la petite boutique du coin, avec ses produits peu nombreux et hors de prix. Nous ne pouvons prévoir précisément ce que sera l’économie de demain, mais nous avons bien quelques idées sur les forces qui modèleront cette économie et sur les secteurs qui pourraient stimuler la croissance dans les années à venir. Il y aura peut-être des inventions spectaculaires grâce aux progrès de la science et de la technologie, et des modes de vie, de production et de consommation radicalement nouveaux. Mais un grand nombre de sources de croissance seront plus banales, et les plus basiques ne changeront pas. Nous aurons encore besoin de nous nourrir, de nous habiller, de nous loger, de nous instruire, de nous déplacer, de nous soigner et de nous amuser.

Alors, que savons-nous, ou que pouvons-nous raisonnablement imaginer ? En premier lieu, nous serons bien plus nombreux. Ceci sera en soi une source de croissance pour l’économie mondiale, d’autant que les individus seront en moyenne plus riches qu’aujourd’hui, y compris hors de la zone OCDE. La télévision des années 60 avait sans doute été fabriquée aux États-Unis avec, pour l’essentiel, des composants américains. Depuis lors, de nouveaux leaders mondiaux de l’électronique grand public sont apparus, au Taipei chinois par exemple, et de nouvelles locomotives économiques émergent partout dans le monde.

Mais ces pays ne deviendront pas riches en suivant la même voie que les pays qui se sont industrialisés plus tôt. Les conséquences environnementales en seraient d’ailleurs trop importantes et, pour reprendre un cliché, il n’y a tout simplement pas assez de planètes pour cela. Heureusement, les nouvelles technologies permettent aux économies émergentes de se développer plus vite, comme l’illustrent les téléphones mobiles, même si la « fracture numérique » demeure problématique. Tous les pays recherchent aujourd’hui des formes de croissance permettant d’utiliser les ressources de façon plus efficace. Les secteurs de l’énergie et des transports seront parmi les premiers adeptes de la croissance verte, mais aucune activité ne pourra y échapper, depuis l’urbanisme jusqu’à l’exploitation agricole. Les nouvelles technologies contribueront également à l’alimentation de la planète.

Plus riche, plus mobile et plus nombreuse, la population sera aussi plus âgée. Mais les nouveaux seniors auront grandi et vieilli avec les technologies, normes sociales et comportements actuels. Ils, ou plutôt nous, voudrons rester chez nous le plus longtemps possible, de sorte qu’il y aura probablement une forte demande de services à la personne et de logements et produits de consommation adaptés.

La découverte et la mise en valeur des nouvelles sources de croissance dépendront du développement des actifs intellectuels nécessaires pour créer, promouvoir, diffuser et intégrer les innovations intellectuelles et matérielles qui les sous-tendent. Les responsables politiques doivent aller au-devant de cette dynamique, en tirant parti des nouvelles sources de croissance et en fixant le cadre réglementaire permettant de nouvelles découvertes, ainsi qu’en combattant les inerties qui empêchent ces découvertes, qu’elles soient institutionnelles ou économiques. L’OCDE explore des domaines pouvant aboutir à une amélioration des politiques publiques, notamment en établissant des stratégies d’innovation et de croissance verte, en étudiant les mécanismes incitatifs de marché et la réglementation, ainsi qu’en supervisant la réglementation des biotechnologies. Rien de ceci ne serait possible sans la connaissance.

L’éducation, la recherche et la formation seront, comme par le passé, les fondements de l’épanouissement de nos sociétés futures.

Liens recommandés

Pour plus d’informations sur les travaux de l’OCDE sur l’innovation et la croissance, voir www.oecd.org/innovation/strategie

Voir le Programme de l’OCDE sur l’avenir : www.oecd.org/futures

© L' Annuel de l'OCDE 2011




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