Vers un nouveau départ

Il y a vingt ans, au premier Sommet de la Terre de Rio en 1992, les économies les plus avancées étaient en récession. Cette crise était moins grave que celle qui touche de nombreux pays depuis 2008, mais ses symptômes étaient similaires : éclatement de bulles d’actifs, hausse du chômage et reprise incertaine.

Deux ans plus tard, un tournant a été franchi et 15 années d’expansion quasi-ininterrompue ont suivi, à la faveur de réformes structurelles, de l’expansion des marchés, de l’essor du commerce et de l’investissement international, des technologies de l’information et d’une confiance renforcée. Le PIB mondial a progressé de 75 % et un milliard de personnes sont sorties de la pauvreté. Cette période de croissance a brutalement pris fin pour beaucoup de pays en 2008, avec une crise financière devenue crise économique, puis de l’emploi, touchant des millions de citoyens.

Aujourd’hui, les décideurs restent aux prises avec l’impérieuse nécessité de réduire la dette, de rétablir la croissance et de stimuler l’emploi et les compétences. Simultanément, ils font face aux défis environnementaux, qui se sont accentués depuis le premier sommet de Rio. Comment peuvent-ils résoudre cette quadrature du cercle ? La situation économique n’est guère favorable. Selon les Perspectives économiques de l’OCDE de mai, les États-Unis et le Japon devraient connaître une croissance modérée, tandis que la crise de l’euro persiste et que l’économie chinoise ralentit. L’incertitude prévaut et l’économie mondiale n’est pas encore tirée d’affaire. Pour des millions de gens, cette situation est synonyme de chômage, de perspectives alarmantes et de pauvreté.

Un nouveau départ est nécessaire. C’est l’état d’esprit qui prévalait au Sommet du G20 de Los Cabos, au Mexique, ainsi qu’à la Réunion ministérielle du Conseil (RCM) et au Forum de l’OCDE, tenus à Paris en mai. L’objectif des sommets politiques n’est pas seulement de réaliser des percées majeures, et de solides progrès ont été faits au G20 pour consolider les efforts de coopération en vue d’une reprise durable. À Los Cabos, les dirigeants ont inscrit leurs engagements et leurs actions dans un nouveau cadre de responsabilité, le Plan d’action sur la croissance et l’emploi. Ce sommet a aussi fait progresser d’un pas supplémentaire le G20 dans son rôle de forum où les grands enjeux économiques mondiaux, comme la crise de l’euro, sont examinés de façon ouverte et constructive. L’OCDE continuera à jouer son rôle en contribuant au Plan d’action sur la croissance et l’emploi ainsi qu’aux travaux en cours sur le commerce, la gouvernance, la fiscalité, le développement, l’éducation financière et l’intégration de la croissance verte dans les programmes de réforme.

À l’heure où des mesures de sortie de crise décisives sont prioritaires dans de nombreux pays, nous sommes toujours sur une trajectoire de collision avec la nature. Au Sommet Rio+20, des accords ont été conclus entre groupes d’entreprises et de la société civile, conscients de la nécessité d’une croissance plus écologique, même si aucune avancée politique majeure n’a cette fois eu lieu sur le changement climatique ou la biodiversité. Ceci provient en partie des incertitudes sur les réformes nécessaires et leur incidence potentielle sur la croissance et le bien-être. Nous devons sortir de cette impasse.

Dans ce contexte, la récente initiative de l’OCDE sur de nouvelles approches face aux défis économiques, sociaux et environnementaux doit permettre de renforcer les synergies entre les différents objectifs et de réfléchir aux arbitrages possibles. Lors de la RCM de l’OCDE en mai dernier, intitulée « Tous à bord : des politiques en faveur d’une croissance inclusive et de l’emploi », les ministres ont vivement soutenu cette initiative et nous ont encouragés à poursuivre l’analyse des causes de la crise, ainsi qu’à ajuster nos analyses et nos recommandations pratiques. L’objectif est d’adapter et d’enrichir notre cadre analytique, tout en identifiant les piliers de notre programme stratégique en faveur d’une croissance inclusive. Il s’agit ainsi d’examiner des questions comme la sous-tarification du risque ou les arbitrages entre croissance et inégalités et entre politiques propices à la croissance et environnement. Les ministres ont également salué notre rapport sur l’importance du savoir comme source de croissance et se sont engagés à soutenir les stratégies de l’OCDE sur la croissance verte, l’innovation, les compétences, la parité et le développement mondial.

Il n’est ainsi guère surprenant que notre initiative sur de nouvelles approches trouve un si large écho public. Pour les 1 300 représentants des gouvernements, des entreprises et de la société civile venus au Forum de l’OCDE les 22 et 23 mai, le message commun était clair : améliorer la gouvernance et les structures pour améliorer les politiques, lutter contre les inégalités sociales et entre les sexes, traiter les causes de l’indignation, investir dans de nouvelles sources de croissance, de nouveaux emplois et dans les compétences, promouvoir l’intégrité, libérer la créativité et accorder la priorité au bien-être. De même, la nouvelle version de notre Indicateur du vivre mieux de l’OCDE, qui incorpore davantage d’indicateurs environnementaux et couvre désormais également le Brésil et la Russie, a été lancée avec succès lors du Forum.

Aujourd’hui, comme il y a 20 ans, de bonnes politiques peuvent être les instruments décisifs du changement. Il importe en outre de réfléchir aux tendances de long terme qui influeront sur les décisions et les actions. L’objectif de l’OCDE est d’aider les pays à s’orienter vers une croissance inclusive et à faire en sorte que la prochaine reprise soit durable, grâce à la réduction des déséquilibres sociaux, économiques et environnementaux et à l’amélioration de la gouvernance et de la confiance. Il appartient aux gouvernements de trouver les bonnes politiques et l’OCDE est prête à les y aider. Le changement ne se fera sans doute pas du jour au lendemain, mais comme Tolstoï l’a écrit, « rien ne vaut ces deux soldats qui s’appellent le temps et la patience. »

Voir www.oecd.org/rcm

www.observateurocde.org/angelgurria

www.oecd.org/secretairegeneral

©L’Observateur de l'OCDE N˚ 292 T3 2012




Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Le choix de la rédaction

  • Economic Outlook_video

Articles les plus lus

Abonnez-vous dès maintenant

n° 297 T4 2013

Pour recevoir notre édition papier par courrier


Abonnez-vous dès maintenant
Edition en ligne
Edition précédente

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2014