©serprix.com

Quel est le rapport entre le dentifrice, la crème glacée et l’économie circulaire ? Aucun, diriez-vous ? C’est que vous n’êtes pas en Finlande ! Direction Äänekoski, dans le Pays aux mille lacs. Là-bas, non loin de l’usine papetière, s’est implantée la multinationale CP Kelco, qui transforme les résidus pâteux de sa voisine en CMC (carboxyméthylcellulose), un polymère naturel utilisé comme épaississant dans la fabrication des glaces et du dentifrice.

En un froid jour d’hiver 2014, j’attendais le Secrétaire général de l’OCDE, Ángel Gurría, et mes autres collègues, dans une limousine noire devant l’austère silhouette du parlement à Helsinki. Une ambiance digne des polars de John le Carré. Il se faisait tard. La délégation de l’OCDE que j’attendais rencontrait Alexander Stubb, alors ministre des Affaires européennes et du Commerce extérieur. M. Stubb, l’un des hommes d’État les plus europhiles et férus de technologie de son pays, allait peu après devenir Premier ministre. Que de chemin parcouru par la Finlande en cinquante ans !

Manifestation sur les start-up, Helsinki, Finlande ©Jmohammad-saifullah

Si la plupart d’entre nous passons nos soirées à nous adonner à la lecture ou à visionner la dernière série Netflix, les Finlandais, eux, se forment à l’intelligence artificielle (IA). À l’été 2017, Teemu Roos, professeur d’informatique à l’université, apprend que le gouvernement recherche de nouveaux moyens d’enseigner aux néophytes les rudiments de l’intelligence artificielle, dans le cadre d’une initiative de formation continue. L’objectif n’est pas de former des ingénieurs dans le domaine de l’apprentissage automatique, mais d’expliquer aux citoyens le fonctionnement des réseaux neuronaux, et la façon dont l’IA modifie notre façon d’accomplir certaines tâches

©OCDE

En 1969, quand la Finlande est devenue membre de l’OCDE, elle se tenait délicatement en équilibre entre l’Ouest et l’Est. Rien ne semblait indiquer qu’elle était en chemin vers la prospérité. Le revenu par habitant y était inférieur de près de 30 % à celui de la Suède.

Quand travail et détente se conjuguent : la bibliothèque de l’université d’Helsinki. ©Shutterstock

Dans les classements internationaux des systèmes éducatifs, la Finlande arrive systématiquement parmi les mieux notés, au point que son nom est devenu pour certains synonyme d’excellence. Si elle n’est pas le seul pays à faire ainsi référence à l’échelle mondiale, elle possède en revanche cette particularité que toutes ses écoles sont vraiment des écoles d’élite. En effet, les disparités entre établissements n’expliquent pas plus de 5 % des écarts de résultats observés dans l’ensemble entre les élèves.

Premier magasin Artek d’Helsinki, 1936. Photographie spécialement mise à la disposition de l’Observateur de l’OCDE par Artek. ©Artek Collection, musée Alvar Aalto

La Finlande est, pour les designers, les architectes et les artistes, une contrée, une nation, une culture réputée pour son architecture et son design de grande qualité. En tête de peloton dans les enquêtes sur le bonheur et l’éducation, elle produit des icônes du sport combatives, et des biens de haute technologie et des jeux vidéo de renommée mondiale. C’est aussi un pays marqué par une incidence relativement élevée des maladies mentales, qui s’efforce de faire baisser son taux de suicide. Une terre faite d’extrêmes, d’émotions, de talents et d’attentes très variés.

5 février 2016, à Tornio, ville du nord de la Finlande : des experts maritimes forent des trous dans la banquise et y introduisent du colorant pour étudier son écoulement, afin de simuler le mouvement d’un déversement de pétrole sous la glace arctique. ©Sam Kingsley/AFP

Si la glace semble un peu grisâtre en Arctique, ce n’est pas parce que nos yeux nous jouent des tours. Une étude menée pendant cinq ans par des chercheurs internationaux a démontré que les véhicules à moteur diesel, les usines fonctionnant au charbon et les activités nécessitant des combustibles fossiles rejetaient de la suie, qui tourne dans l’air froid avant de se déposer, colorant la neige parfois jusqu’à la rendre noire.

©Droits réservés

À l’occasion du 50e anniversaire de l’adhésion de la Finlande à l’OCDE, nous avons invité cinq personnalités à répondre à la question suivante : Selon vous, en Finlande, quelle réalisation a marqué ces 50 dernières années et quel est le principal défi des pouvoirs publics pour les cinquante prochaines années ?

Une productivité au-dessus de la moyenne, mais qui pourrait être meilleure. Productivité mesurée par le PIB par heure travaillée, total, en USD, 2018 ou dernière. année pour laquelle on dispose de données OCDE

La Finlande est peut-être la première de la classe en matière d’éducation, mais elle brille beaucoup moins lorsqu’on parle de productivité, même si la production par heure travaillée y est supérieure de 15 % à la moyenne de l’OCDE. En fait, la croissance de la productivité a reculé depuis la crise financière survenue il y a dix ans.

Le déclin de la production s’est poursuivi en Finlande sur les six premiers mois de l’année, du fait de l’effondrement continu des exportations. Une reprise devrait cependant s’amorcer d’ici à la fin de 2009, avec un rebond des exportations, actuellement très faibles, et une importante reconstitution de stocks. L’inflation, mesurée par l’indice des prix harmonisé à la consommation, est restée supérieure à la moyenne de la zone euro en raison de fortes hausses négociées des salaires. Le taux de chômage a grimpé, et cela va sans doute continuer, la situation étant aggravée par de grandes rigidités sur le marché du travail.

La réponse initiale du gouvernement à la récession, notamment l’aide accordée aux banques et aux entreprises et une légère relance budgétaire, ont soutenu concrètement l’activité. Un nouvel assouplissement de la politique budgétaire est prévu mais il pourrait aller à l’encontre du but recherché s’il coïncide avec l’amorce de la reprise. Des mesures de consolidation ont été annoncées, mais il faudrait, dès que possible, élaborer un plan cohérent d’assainissement en profondeur des finances publiques et le mettre en oeuvre une fois que la reprise se sera confirmée. Les prochaines négociations salariales devront tenir compte davantage de la productivité dans les entreprises.

Malgré les progrès réels des politiques et des législations vertes, les pays de l'OCDE auront du mal à tenir leurs grands engagements et objectifs environnementaux. Plusieurs raisons expliquent cet écart entre les intentions et les faits. Le respect des exigences environnementales est rarement - sinon jamais - absolu. Fixer le degré d'exigence souhaitable peut être difficile, et en déceler les manquements, puis les sanctionner, s'avérer complexe et coûteux. De plus, les institutions qui veillent au respect des réglementations environnementales doivent être indépendantes et capables de résister aux pressions politiques et à la corruption.

Mari Kiviniemi, Ministre finlandaise des collectivités publiques et des collectivités locales ©Gouvernement finlandais

La crise économique touche des familles et des communautés dans le monde entier. Les régions étant les premières concernées, les politiques régionales peuvent jouer un grand rôle dans la recherche de solutions.

©Gouvernement finlandais

Les transports contribuent très largement aux émissions de CO2. Les décideurs publics peuvent-ils faire évoluer les choses ? Anu Vehviläinen, ministre des Transports de Finlande et Présidente du premier Forum international des transports à Leipzig en mai 2008, nous répond.
6 septembre 2005 - Pertti Majanen est le nouvel ambassadeur de Finlande auprès de l'OCDE. Il remplace Jorma Julin.

Données économiques

PIB -9.8% T3 2020
Échanges exp -17.7% ; imp -16,7% T2/T1 2020
Inflation annuelle 1,2% août 2020
Chômage 7,4% août 2020
Mise à jour: 5 novembre 2020

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