ARDCI : Les collectivités territoriales africaines s’impliquent désormais dans la lutte contre le changement climatique en prenant des engagements concrets

Président de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI)

Droits réservés

Entretien avec SEM Jeannot Ahoussou-Kouadio, Président de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI) 

Pouvez-vous présenter l’ARDCI ? 

L’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), qui a été créée le 13 août 2013, regroupe les 31 régions et les 2 districts autonomes de Côte d’Ivoire. Elle a pour mission d’être un cadre de concertation et de dialogue permanent ; de représenter l’ensemble des régions et districts auprès des pouvoirs publics et de tout tiers au double plan national et international ; de donner des avis sur la législation et la réglementation concernant les collectivités territoriales ; d’étudier et de proposer au gouvernement les moyens à mettre en œuvre pour promouvoir le développement et le bon fonctionnement des collectivités territoriales et d’établir un programme adapté de formation, de perfectionnement et de reconversion en vue de permettre aux conseillers régionaux de renforcer leurs capacités et de bénéficier pleinement du droit à la formation. Les régions et districts constituent un élément-clé de la vision du Président Alassane Ouattara. Dans la perspective de l’émergence de la Côte d’Ivoire, Son Excellence le Président de la République affiche clairement sa volonté de mettre la décentralisation au cœur de sa politique afin d’offrir un développement harmonieux à son pays, avec les collectivités comme un acteur central.

Quel doit être, selon vous, le rôle des acteurs non étatiques dans la lutte contre le dérèglement climatique ? 

Les États ne peuvent travailler seuls, sans leurs entreprises, leur société civile, et, bien sûr, sans leurs collectivités territoriales. Le rôle de ces dernières est particulièrement important. En effet, les compétences qui sont transférées aux entités décentralisées sont souvent centrées autour des fonctions de planification du développement, d’aménagement du territoire et de gestion des ressources naturelles. Leur proximité avec les populations permet de surcroît d’impliquer tous les autres acteurs dans l’élaboration de la politique locale, et donc de renforcer la participation et l’inclusivité.

Cependant, les collectivités manquent trop souvent de moyens conséquents, notamment de ressources financières suffisantes. Il est nécessaire que les États donnent réellement aux autorités locales les moyens d’actions qui leur permettront de jouer leur rôle et d’assumer pleinement leurs responsabilités.

Le Sommet des Villes et Régions d’Afrique pour le climat qui s’est tenu, les 24 et 25 juin 2015 a adopté la Déclaration de Yamoussoukro. Quel en est le contenu ? 

Dans cette déclaration, nous avons affirmé notre engagement à agir sur sept aspects principaux : 1) mettre en œuvre une bonne gouvernance environnementale ; 2) encourager la création d’un mix énergétique propre, incluant l’efficacité énergétique ; 3) développer une agriculture résiliente pour assurer la sécurité alimentaire des populations ; 4) gérer durablement nos ressources naturelles ; 5) construire des villes durables ; 6) développer les NTIC au service de l’environnement ; et 7) favoriser la mise en place d’un cadre financier à disposition des projets climatiques.

Nous avons mis l’accent sur deux engagements prioritaires : la mise en place d’une Plateforme africaine des régions servant de cadre de concertation et d’échanges sur les questions du changement climatique ; et la création du fonds Climat et Territoires d’Afrique ; à ce niveau, nous nous engageons à y verser 1% de notre budget afin de développer une stratégie territoriale africaine de lutte contre le réchauffement.

Ainsi, le message fort qui ressort du Sommet de Yamoussoukro est que les collectivités africaines sont prêtes à agir, et qu’elles s’impliquent désormais dans la lutte contre le changement climatique en prenant des engagements concrets.

Qu’attendez-vous de la COP21 ? 

Nous voulons que la COP21 soit l’étape qui va entériner l’implication effective de tous les acteurs, étatiques et non-étatiques. Nous attendons un accord contraignant, qui limite le réchauffement à moins de 2°C, avec en perspective une limitation à 1,5°C, prenant en compte le principe de responsabilité commune mais différenciée. Il est nécessaire que les pays du Nord fassent face à leurs responsabilités dans la crise écologique que nous traversons.

En Côte d’Ivoire, par exemple, la déforestation a fait perdre les deux-tiers du couvert forestier entre 1970 et 2005. La Banque africaine de développement estime ainsi à 40 milliards de dollars (US) par an le coût du changement climatique sur le continent. Nous attendons donc le versement effectif des sommes promises sur le Fonds Vert pour le Climat, et la prise en compte réelle des « pertes et dommages » dans l’accord qui sera signé.

Par rapport aux autres régions du monde, et malgré l’ampleur des défis actuels, l’Afrique ne bénéficie que d’une part faible des financements internationaux. Les collectivités territoriales, elles, n’ont souvent pas la possibilité d’y avoir accès directement. Une réflexion doit donc être menée à la suite de la COP21 pour trouver des solutions efficaces à ce niveau.

©L'Observateur de l'OCDE n°304 novembre 2015




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Échanges exp -1.9% ; imp -0.9% T2 2019
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Mise à jour: 6 novembre 2019

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