Un phare pour les 50 prochaines années

©Lauri Heikkinen/Valtioneuvoston kanslia

L’année 1968 a été très importante à bien des égards. Dans toute l’Europe, des jeunes se sont révoltés contre l’ordre ancien. Au Vietnam, la guerre s’est intensifiée. En Tchécoslovaquie, le Printemps de Prague s’est achevé par l’intervention soviétique.

En plus de tous ces événements, la Finlande a négocié son adhésion à l’OCDE. Nous sommes devenus le 22e pays membre de l’Organisation en janvier 1969, et aujourd’hui nous célébrons 50 ans d’appartenance à l’OCDE.

Ces 50 années ont été riches en transformations. En 1969, la Finlande était en transition d’une société agricole vers une économie industrialisée. Un tiers de la main‑d’œuvre travaillait encore dans l’agriculture dans les années 60, mais ce pourcentage diminuait rapidement. Le pays a connu un exode rural massif, et vers la fin de la décennie, plusieurs centaines de milliers de Finlandais ont émigré en Suède pour y travailler. La décennie suivante s’est caractérisée par une augmentation de l’urbanisation et de l’industrialisation, la signature de l’accord de libre‑échange avec la Communauté économique européenne (CEE) et, entre autres choses, la réforme du système scolaire. L’ouverture de l’économie s’est poursuivie dans les années 80, entraînant un essor économique, malheureusement suivi d’une profonde dépression au début des années 90.

Puis vint le moment crucial de l’adhésion à l’Union européenne en 1995, permettant à la Finlande d’être de plus en plus connectée, et interconnectée, avec le reste du monde. Nous avons vécu les belles années de la réussite de Nokia au début de la décennie 2000, puis la crise structurelle de notre économie au cours de la dernière décennie. Aujourd’hui, face aux défis mondiaux que nous rencontrons, tout comme bien d’autres pays, nous sommes en quête de nouvelles sources de croissance. Comme en 1969, nous recherchons aussi les moyens d’assurer le progrès social.

Depuis notre adhésion, les contributions de l’OCDE ont été nombreuses. Assurément, les raisons qui nous ont conduit à rejoindre l’OCDE étaient aussi politiques, car la Finlande souhaitait s’arrimer à son pôle naturel de rattachement, le groupe des démocraties occidentales à économie de marché.

L’OCDE nous apporte beaucoup. C’est une institution de recherche qui produit des études de grande qualité sur les politiques économiques et sociales et leur impact. Depuis l’élaboration de statistiques et d’indicateurs de mesure jusqu’aux conseils en matière d’action publique, nous appliquons les bonnes pratiques de l’OCDE dans bien des domaines.

L’OCDE est un forum d’échange d’idées entre pays, qui non seulement partagent les mêmes valeurs, mais qui se trouvent aussi à un stade de développement très similaire. Nous sommes parvenus à une position commune sur des sujets allant de la concurrence à la fiscalité, sans oublier la corruption, les politiques d’investissement, les crédits à l’exportation et la conduite responsable des entreprises.

L’OCDE est une enceinte où se pratique l’apprentissage mutuel, source de précieux enseignements. Ses examens nous ont éclairés sur les réponses que d’autres pays ont apportées à des problèmes sociaux complexes. Elle nous offre une plateforme pour montrer à d’autres ce que nous faisons bien. Elle nous fixe des objectifs à atteindre, voire même à dépasser.

Prenons l’exemple de la politique de développement. Le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, qui suit et mesure l’aide publique au développement bilatérale, est l’organe qui établit les normes pour les questions de développement. À l’heure actuelle, l’OCDE aide ses pays membres à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030, dans la sphère de la coopération pour le développement et au‑delà.

Je compare l’OCDE à un phare qui nous montre le chemin pour aller de l’avant et devenir meilleur, en tant que société, économie et membre de la communauté internationale. Le slogan de l’OCDE, « des politiques meilleures pour une vie meilleure », trouve une résonance particulière en Finlande.

Les prochaines décennies seront porteuses de nouvelles transformations de grande ampleur, qui incluent les mutations de l’économie mondiale, l’impact du changement climatique et les mesures d’atténuation, le développement durable, l’urbanisation, les migrations, la transformation numérique, l’intelligence artificielle, la robotisation et plus encore. Il y a de nombreux défis fondamentaux, et de nombreuses questions non résolues.

Ce ne sont pas des questions auxquelles la Finlande peut répondre seule. Nous devons rechercher des solutions ensemble. Sur tous ces sujets, les travaux de l’OCDE nous paraissent extrêmement importants. L’OCDE contribue à identifier les problématiques nouvelles pour les décennies à venir et à proposer des solutions. Ses travaux indépendants et impartiaux sont déterminants pour évaluer l’impact de nos politiques. À l’heure où nous célébrons les 50 premières années d’adhésion de la Finlande à l’OCDE, nous envisageons avec enthousiasme les 50 prochaines années, avec l’OCDE pour nous montrer la voie.

Adapté de l’allocution d’ouverture prononcée lors d’un séminaire en l’honneur du 50e anniversaire de l’adhésion de la Finlande à l’OCDE, organisé au Finlandia Hall, Helsinki, le 15 mars 2019.

Cet article fait partie d’une série d’articles rédigés à l’occasion du 50e anniversaire de l’adhésion de la Finlande à l’OCDE : www.oecdobserver.org/finland50oecd

©OECD Observateur mai 2019




Données économiques

PIB +0,2% T4 2019
Échanges exp -0,1% ; imp -1,3% T4 2019
Inflation annuelle 2,3% janvier 2020
Chômage 5,1% janvier 2020
Mise à jour: 11 mars 2020

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